Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu un simple mythe

 

Chapitre 23 : Vacances chez les Potter.

 

            « Mr Galaway, z’est à fous… ! »

 

            Tous les regards se tournèrent vers Harry qui se leva à l’appel de son nom, pour rejoindre le professeur Van der Break devant le reste de la classe. James, assis à côté de son meilleur ami, fronça les sourcils en remarquant que Harry était étrangement tendu…

 

            Un mois s’était écoulé depuis la première sortie de pleine lune à laquelle Harry avait assisté et qui avait apporté la certitude aux Maraudeurs qu’il maîtrisait parfaitement sa forme d’Animagus…

 

            A la surprise des élèves, le mois de décembre était très vite arrivé… En ce dernier vendredi de cours avant les vacances de Noël, le professeur de Défense Contre les Forces du Mal avait décidé de faire passer, un par un, les élèves, pour mettre en pratique les cours qu’il leur avait fait faire, depuis plus d’un mois, sur les Patroni… Harry était le dernier à passer et, jusqu’à présent, les résultats ne s’étaient pas montré très convaincants… Même Lily n’avait pas réussi à réaliser un Patronus digne de ce nom… !

 

            James jeta un bref coup d’œil à la jeune fille qui était assise, à côté d’Amy, de l’autre côté de l’allée. Il rencontra le regard vert émeraude de la Préfète-en-Chef qui lui sourit avant de reporter son attention sur ce qui se passait devant eux. James fit de même, alors que le professeur Van der Break répéta, pour la énième fois depuis le début du cours, les mêmes instructions, à l’attention de Harry.

 

            «- Dis-donc, Jamsie, tu ne trouve pas que Harry est un peu plus crispé que de coutume ? souffla Sirius.

 

             - Je dirais même qu’il est plus que crispé… ! approuva James. Je me demande bien pourquoi ? »

 

            Sirius n’eut guère le temps de répondre car le professeur s’écarta finalement de son élève qui tenait fermement sa baguette.

 

            « Spero Patronum ! » lança finalement Harry, d’une voix incertaine qui s’éleva dans la pièce silencieuse.

 

            Peut-être était-ce une impression, ou la fatigue due à leur sortie de pleine lune de la veille, mais Harry semblait beaucoup plus pâle que de coutume, presque livide… Mais James fut tiré de ses réflexions en constatant qu’une brume argentée, aux contours incertains, s’était échappé de la baguette de l’adolescent, arrachant un murmure d’étonnement aux autres élèves. Mais Harry annula presque aussitôt le sort et son esquisse de Patronus disparue.

 

            « Pien ! commenta alors le professeur. Merzi, Mr Galaway… ! Fous boufez redourner fous azzeoir ! Et ch’aggorte zing boints à Gryvvontor bour fous engouracher à vaire mieux d’izi la rendrée, même si, bour ein bremière mize en abbligazion, fous fous en êdes pien diré, Mr Galaway ! » [sdt : Bien ! Merci, Mr Calaway. Vous pouvez retourner vous asseoir ! Et j’accorde cinq points à Gryffondor pour vous encourager à faire mieux d’ici la rentrée, même si, pour une première mise en application, vous vous en êtes bien tiré, Mr Galaway !]

            Harry acquiesça d’un signe de tête et regagna sa place, à côté de Peter (Remus étant encore à l’infirmerie pour se remettre de la pleine lune de l’avant-veille, Harry n’avait pas vraiment eu le choix) tout en rangeant sa baguette.

 

            « Che zais gue la réalizazion t’ein Padronus est guelgue zoze de tivvizile mais che fous temanterai, turant fos faganzes, t’en broviter bour fous endraîner à le vaire… ! » reprit le professeur. [sdt : Je sais que la réalisation d’un Patronus est quelque chose de difficile mais je vous demanderai, durant vos vacances, d’en profiter pour vous entraîner à le faire !]

 

            Il avait à peine fini sa phrase que la cloche sonna, annonçant la fin des cours de la matinée, si bien que la suite des paroles du professeur fut étouffée par le brouhaha qui s’ensuivit, alors que les élèves se hâtaient de ranger leurs affaires et quitter la salle de classe.

 

            « ON EST EN VACANCES !!! » s’écria Sirius, à peine la porte franchie, s’attirant, du même coup, un regard indigné de la Dame Grise et Lady Marmelade (une fantôme qu’on pouvait apercevoir, à l’occasion, dans les cuisines de l’école, rôdant autour de la réserve de confitures, ce qui lui avait valut d’être surnommée ainsi par les Maraudeurs) qui passaient par là.

 

            Mais les Gryffondor de septième année n’ayant pas de cours le vendredi après-midi, étaient, effectivement, en vacances, à la plus grande joie de ces derniers. James sourit devant l’enthousiasme débordant dont faisait preuve son meilleur ami, tout en se glissant jusqu’à sa petite-amie.

 

            « Il faut fêter ça… ! s’exclama Sirius. D’ailleurs…, eh, Jamsie, ça serait l’occasion idéale de tester sur les Serpentard le cadeau que Harry t’a offert, non ? »

 

            James, un bras passé autour de la taille de Lily eut un grand sourire à cette perspective et Lily se contenta de soupirer, l’air exaspéré.

 

            « Je me disais bien, aussi, que c’était trop beau pour être vrai… ! soupira-t-elle. Un trimestre sans aucune blague des Maraudeurs…, en dehors du coup du Choixpeau Magique, en fait ! » ajouta-t-elle, en jetant un regard plus qu’explicite à Sirius qui sourit fièrement.

 

             - Ne t’inquiètes pas Lily jolie, on ne se fera pas prendre… et on ne fera pas perdre de points à Gryffondor… ! assura James avant de l’embrasser sur le front, comme à chaque fois qu’ils se trouvaient en public.

 

             - De toute façon, je ne pense pas me tromper en disant que je n’ai pas mon mot à dire dans tout ça… ! répliqua-t-elle.

 

             - Effectivement, non ! confirma Sirius. Harry, tu seras des nôtres pour ce coup-là ou pas ?

 

             - Ouais ! accepta l’intéressé en souriant. Je vous suis ! »

 

            Lily secoua la tête d’un air désespéré mais ne put réprimer un sourire.

 

            «- D’accord, si vous voulez… ! Je ne dirai rien mais à une condition… ! objecta-t-elle.

 

             - Laquelle ? s’enquit Harry.

 

             - Que je me joigne à vous pour cette blague ! »

 

            Les quatre garçons la fixèrent avec des yeux ronds, avant que Harry, Sirius et Peter n’éclatent de rire.

 

            «- Tu… ? Tu es sérieuse ? insista James, en la fixant d’un air étonné.

 

             - On ne peut plus sérieuse ! certifia-t-elle. Après tout, j’ai un compte à rendre à la bande de Malefoy… ! Alors, à défaut d’avoir le groupe en entier, je me contenterai de ceux qu’on a à portée de la main… !

 

             - Eh bien, Jamsie, je crois que nous commençons à avoir une mauvaise influence sur Lily ! observa Sirius.

 

             - C’est ce que je commence à croire… ! approuva James. Si même ma Préfète-en-Chef de mon cœur commence à nous suivre dans nos activités… la fin du monde est plus proche que je ne le croyais… ! ajouta-t-il, taquin.

 

             - Eh… ! protesta la jeune fille.

 

             - Mais je plaisantais ma p’tite fleur adorée…, je plaisantais c’est tout… ! Bien sûr que tu peux participer à la blague… ! »

 

* * * * *

 

            « Whoua, super ! Une poupée vaudoue… ! s’exclama Sirius, en sortant de “milles et une idées pour réaliser des blagues inoubliables” une petite poupée d’une dizaine de centimètres de haut en chiffon, grossièrement réalisée. Et je suis sûr qu’ils expliquent comment en faire d’autres dans ce bouquin ! »

 

            En ce début de vendredi après-midi, les Maraudeurs et Lily étaient rassemblés dans le dortoir des garçons, sur le lit de Harry (qui, avec celui de Remus, était de loin le mieux rangé) et étudiaient le contenu du “livre-boîtier” que Harry avait offert à James pour son anniversaire.

 

            «- Et ça c’est quoi ? s’étonna Lily, en sortant des petites balles de la taille d’ un vif d’or, mais noires.

 

             - Des Boulàsuie ! répondit Harry en jetant un regard au parchemin qu’il avait prit dans la boîte et qui répertoriait le contenu du kit de farces et attrapes.

 

             - Et… c’est sensé avoir quel effet… ? s’enquit Peter.

 

             - Aucune idée ! répliqua Harry en haussant les épaules.

 

             - Des… “Pétabulles” ! lu Sirius, en déchiffrant l’inscription de l’étiquette d’un petit flacon. “Idéal pour une atmosphère et pour les amateurs de cassoulets ! Attention, ne pas oublier les pinces-nez fournit avec…” ! Bon, ça va très peu pour moi… ! Quoique, ça pourrait servir… »

 

* * * * *

 

Et c’est ainsi que, à l’heure du dîner, l’ambiance était au rendez-vous, dans la Grande Salle. A la table des Gryffondor, Les Maraudeurs, Harry et Lily achevaient de mettre au point leur plan…

 

            «- C’est le bon moment, non… ? lança James.

 

             - La Grande Salle est bondée… ! ajouta Elsa, avec enthousiasme. Vous aller leur faire quoi, au fait… ?

 

             - Tu vas voir… ! répliqua Harry, avec un petit sourire. Allez, Sirius, vas-y… ! »

 

            Son ami sortit la poupée Vaudoue (qui ressemblait, à s’y méprendre, à Rogue) de l’une de ses poches, la cachant soigneusement sous la table et récita une formule magique…

 

            Le résultat ne tarda pas à se faire entendre…

 

            « C’est la danse des canards qui, en sortant de la mare, se secouent les bas des reins en f’sant coin coin… ! »

 

            Tous les regards étaient, à présent, tournés vers la table des Serpentard, où, au grand étonnement de tous, Rogue s’était mis debout sur la table de sa maison et entonnait la “danse des canards” en se dandinant d’une façon plus que grotesque…

 

            Effarés, ses camarades tentèrent de l’arrêter, en vain, tandis que les autres élèves éclataient de rire. Voir Rogue, un sorcier fier de ses origines de Sang-Pur et méprisant les Moldus, chantant une chanson typiquement moldue était on ne peut plus grotesque.

 

            « A nous… ! » murmura James.

 

            Aussitôt, Harry, Peter, Lily, Remus (qui était revenu une heure auparavant et qui avait tout de suite été mis dans le coup) et James sortirent, discrètement, d’autres poupées, à l’effigie des cinq “camarades” de Rogue et lancèrent, à leur tour, le sort.

 

            A la table de Serpentard, Lestrange, Avery, Nott, Rookwood et Rosier se levèrent alors, à leur tour et rejoignirent Rogue sur la table, se dandinant de façon tout aussi grotesque, ce qui suffit à accroître l’hilarité générale.

 

En effet les élèves de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle, et plus particulièrement ceux d’origine moldue, pleuraient de rire à leur table, alors que les autres Serpentard eux, semblaient plutôt vouloir disparaître sous la leur. Du côté des profs, ceux-ci observaient la scène avec des yeux ronds, ne sachant pas trop quel attitude adopter, même si McGonagall jeta, aussitôt, un regard soupçonneux vers les Maraudeurs qui s’efforçaient de paraître aussi naturel que possible… Seul Krayak (sûrement honteux de l’attitude des six danseurs) se leva et s’avança vers la table des élèves de sa maison où Rogue et compagnie, malgré les supplications de leurs plus proches voisins de table, poursuivaient leur petit “récital”.

 

            « Sirius, passe au plan B… ! glissa James, entre deux éclats de rire. Pour les autres, on annule ! »

 

            Ses amis obtempérèrent et se hâtèrent d’annuler le sort, alors que Sirius récitait aussitôt une autres formule, alors que Krayak arrivait au niveau de la table des Serpentard. Les six “victimes” cessèrent aussitôt de danser, au grand soulagement de leurs camarades et à la grande déception des autres élèves mais…

 

            «- Tant que je suis là… ! claironna alors Rogue, toujours sur la table au milieu de ses camarades hébétés. Je tiens à mettre les choses aux clairs… ! Je ne déteste pas les Gryffondor et les Sang-de-Bourbe, contrairement à ce que mon père m’oblige à vous faire croire… ! En fait, je les ADORE… ! Et j’ai honte d’être un Serpentard… ! poursuivit-il, ignorant les supplications de ses condisciples qui voulaient le faire se rasseoir, tout en désignant le professeur Krayak qui s’avançait dangereusement, alors que les autres Serpentard semblaient vouloir disparaître sous leur table, sous les rires des autres élèves.

 

             - Severus… ! Krayak… ! souffla Alina Cooper, assise en face de lui.

 

             - Quoi, Krayak… ? Qu’est-ce qu’il a Krayak ? Qu’est-ce que ce tas d’ordure a à voir dans tout ça..., hein… ? »

 

            Sirius annula aussitôt le sortilège alors que, cette dernière déclaration de Rogue s’était ensuivit d’un silence de plomb. L’hilarité était retombée en voyant l’expression plus que furieuse de Krayak. Celui-ci s’était soudain figé, plus pâle que jamais, les lèvres serrées et on aurait presque pu voir de la fumée sortir de ses oreilles. A la table des professeurs, cette remarque de Rogue avait créé une vague d’indignation général (après tout, même s’il y avait une part de vérité dans ces propos, ça ne se faisait pas d’insulter un professeur devant toute l’école, encore plus quand il s’agissait de son responsable de maison… !)

 

            Ce fut dans un silence toujours aussi pesant que la voix de Alexis Krayak s’éleva dans la Grande Salle, plus froide que la glace.

 

            «- J’ai l’impression qu’il a bien plus à y voir que vous ne le pensez, Monsieur Rogue… ! lança-t-il, faisant sursauter le Serpentard, qui semblait ne rien comprendre à ce qui se passait. Et je crois qu’il aimerai vous voir à son bureau…tout de suite…, pour quelques explications… !

 

             - Mais… ? Qu’est-ce que… ? Pourquoi… ?

 

             - Ne me dites pas que vous avez déjà oublié ce que vous venez de dire, Monsieur Rogue… ! » rétorqua Krayak, en le prenant par le bras et en le tirant brutalement de la table, manquant de le faire tomber, avant de l’entraîner vivement vers la sortie, sous les supplications perplexes du jeune Serpentard, alors que Lestrange, Rookwood, Rosier, Nott et Avery, gênés, regagnaient leurs places respectives.

 

            Quelques rires étouffés retentirent dans la Grande Salle et Dumbledore se hâta de réinstaller le silence, alors que, à la table des Gryffondor, les six poupées disparaissaient dans les poches de leur propriétaire.

 

            « Les Maraudeurs… le grand retour ! » fanfaronna Sirius, à mi-voix.

 

* * * * *

 

            L’agitation régnait sur le quai enneigé de la Gare de Pré-au-Lard qui grouillait d’élèves impatients de rentrer chez eux pour les vacances. La quasi-totalité des étudiants avaient, en effet, choisi de quitter Poudlard pour les fêtes de fin d’année, et les Maraudeurs, Lily, Harry, Elsa et Amy faisaient partis de ceux-là. Contrairement au jour de la rentrée, un soleil terne brillait dans le ciel chargé de nuages bas et cotonneux. Les première neiges étant tombées la veille au soir, un épais tapis blanc recouvrait uniformément les alentours… !

 

            Sous la tutelle des Préfets et Préfets-en-Chef, les élèves, tous chaudement vêtus, prenaient place dans les wagons du Poudlard Express. James sourit en observant sa petite amie réprimander un garçon de troisième année de leur maison qui s’était amusé à lancé une boule de neige à la figure d’une autre élève de Serdaigle.

 

            Plongé dans sa contemplation, il la vit s’accroupir auprès de la petite fille et la réconforter.

 

            «- Mine de rien, elle a vraiment une patience incroyable… ! murmura-t-il, alors qu’elle donnait une Chocogrenouille à la petite Serdaigle qui lui répondit par un grand sourire et la remercia avant de filer dans un wagon.

 

             - Elle a intérêt d’en avoir à revendre, pour te supporter ! intervint une voix moqueuse, derrière lui, le ramenant ainsi à la réalité.

 

             - Très drôle, Patmol ! rétorqua-t-il en se retournant vers son meilleur ami qui, accoudé à la fenêtre du compartiment le plus proche, esquissa un sourire sarcastique.

 

             - Quoiqu’il n’a pas vraiment tort ! observa alors Harry en apparaissant à son tour à la fenêtre. Il en faut pour vous supporter, tous autant que vous êtes… !

 

             - Hé… ! » protestèrent les deux Maraudeurs.

 

            Harry éclata de rire et disparu aussitôt dans le compartiment, alors que James faisait mine de se pencher pour ramasser de quoi faire une boule de neige.

 

            « James… ! s’exclama alors Lily, d’une voix mi-indignée mi-amusée. Un Préfet-en-Chef se doit de montrer l’exemple, il me semble ! »

 

            Sirius secoua la tête en soupirant d’un air exaspéré, et quitta la fenêtre alors que son ami souriait à la Préfète-en-Chef et lui prenait la main avant de l’embrasser brièvement…, sous le regard de trois fillettes de première année qui gloussèrent, gênées.

 

            « Qu’est-ce que vous regardez, vous trois ? répliqua James, en les apercevant et en adoptant un ton faussement sévère, alors que Lily baissait la tête en se passant la main sur la figure. Allez, ouste, dépêchez-vous de monter dans le train ! »

 

            Les trois petites ne se le firent pas dire deux fois et grimpèrent dans le wagon le plus proche. James jeta un regard autour de lui, pour voir un Préfet de Serdaigle et une Préfète de Poufsouffle qui finissaient de faire rentrer des élèves dans les wagons de queue et refermaient les portes derrière eux.

 

            « Bon, il ne reste plus que nous… ! lança-t-il. On va… ! »

 

            Il fut interrompu par un hululement sonore et il releva la tête juste à temps pour voir Eole plonger vers lui.

 

            «- Ah, du courrier de dernière minute… ! commenta Lily, alors que la chouette effraie venait se poser sur l’épaule de son maître, repliant ses ailes.

 

             - Je me demandais quand il rentrerait… ! répondit James, tout en caressant son hibou qui tendit une patte, à laquelle était fixée une épaisse lettre, à son propriétaire. Tu es une brave chouette, Eole ! ajouta-t-il en débarrassant le rapace du courrier. Tu as bien mérité de pouvoir te reposer ! » conclut-il en glissant la lettre qu’il venait de recevoir dans sa poche, avant de monter, à la suite de sa petite-amie, dans le train et en refermant la porte du wagon.

 

            Tout deux restèrent dans le couloir, jusqu’à ce que le train quitte la gare, avant de se décider à rejoindre leurs amis.

 

            Une fois arrivé dans le compartiment où se trouvaient déjà Remus, Sirius, Peter, Harry, Elsa et Amy, James récupéra la cage jusque là vide de sa chouette, qui alla s’y installer avec reconnaissance. Le Maraudeur sourit, caressa une nouvelle fois sa chouette et rejoignit les autres, avant d’attraper Lily, qui était restée debout, par la taille et l’embrasser affectueusement en l’installant sur ses genoux. celle-ci se dégagea rapidement, amusée.

 

            « Voyons, Mr Potter, un peu de tenue… ! » répliqua-t-elle en riant légèrement.

 

            Il haussa un sourcil et esquissa un petit sourire engageant.

 

            « Oh, oh, pas bon ça… ! » murmura Sirius à l’adresse de Remus et Harry qui acquiescèrent d’un signe de tête.

 

            Au même instant, la porte s’ouvrit, faisant sursauter tout le monde.

 

            «- Oh, mais quel hasard… ? Potter et ses toutous… !

 

             - Roguie… ! intervint calmement James, en se calant un peu plus dans son siège. Que nous vaut ta si “appréciable” visite alors que nous venons à peine de quitter Pré-au-Lard ?

 

             - Rien qui ne te concerne, pour une fois, Potter ! répliqua hargneusement Rogue.

 

             - Alors sors de là ! rétorqua nonchalamment Sirius, un bras négligemment posé sur le dossier de son fauteuil.

 

             - Oh, pas encore… ! intervint Evan Rosier. On s’étonnait de ne pas avoir aperçu la Sang-de-Bourbe et… ! »

 

            James voulu se lever et répliquer quelque chose, mais Lily l’interrompit d’un geste de la main.

 

            « Laisse, je m’en occupe ! » lâcha-t-elle en s’avançant vers le petit groupe de Serpentard.

 

            Ceux-ci ricanèrent, alors qu’elle leur faisait face calmement.

 

            «- Rogue, est-ce que tu sais que je peux t’enlever des points pour insulte et manque de respect à la Préfète-en-Chef ? observa-t-elle.

 

             - Oh, je suis mort de peur… ! ironisa Rookwood. Autant que je sache, nous ne sommes pas à Poudlard… !

 

             - Enfin, c’est sûr que, après avoir été déclassés par Krayak, votre propre responsable de maison, perdre encore quelques points ne doit pas vraiment vous faire peur… ! » se moqua Sirius.

 

            En effet, après le spectacle offert, au dîner de la veille, par les six Serpentard et la déclaration de Rogue, le responsable de Serpentard avait, peut-être même pour la première fois de l’histoire de Poudlard, non seulement enlevé des points à sa maison mais en si grand nombre que les Serpentard étaient passés de la deuxième à la quatrième place pour la Coupe des Quatre Maisons…

 

            «- En tout cas, Black, c’est une chance pour vous que les professeurs n’aient pas été capables de prouver votre culpabilité dans cette affaire car je suis sûr que vous n’étiez pas innocents à ce qui s’est passé hier… ! cingla Rogue en le fixant d’un regard dur.

 

             - Peut-être bien que oui… ! Peut-être bien que non… ! Mais il faudrait encore pouvoir le prouver… ! En tout cas, j’ai adoré ton interprétation du canard… ! continua Sirius, on ne peut plus impassible.

 

             - Oh, bonjour professeur Van der Break ! s’exclama soudain Lily.

 

             - Ouais, c’est ça, Evans, tu vas me faire croire que le professeur de Défense Contre les Forces du Mal est derrière nous.

 

             - Et pien, il zemplerait gue Mizz Efans tize frai ! » [sdt : Et bien, il semblerait que Miss Evans dise vrai !]

 

            Les Serpentard se retournèrent d’un même mouvement, alors que les Gryffondor éclataient de rire.

 

            «- Oh, bonjour…, professeur ! lâcha Rogue. Je ne savais pas que vous… !

 

             - Fous n’êdes bas les zeuls à rendrer zez fous bour les fagances, zeune homme… ! commenta le professeur en souriant. [sdt : Vous n’êtes pas les seuls à rentrer chez vous pour les vacances, jeune homme… !]

 

             - Ah… ! On se reverra ! lança Rogue en se tournant vers les huit Gryffondor, avant de se tourner vers ses acolytes qui semblaient tout aussi mals à l’aise que lui. On retourne à notre compartiment… ! »

 

            Sur ce, les Serpentard décampèrent, sous l’air goguenard des Maraudeurs, et le professeur poursuivit son chemin dans le train.

 

            L’incident clos, Sirius réclama son jeu de Bataille Explosive à James et tous les huit s’installèrent à une table du compartiment pour jouer.

 

* * * * *

 

            La nuit était tombée et il neigeait à gros flocons lorsque le train atteignit le Quai 9 ¾. Là, les huit adolescents se séparèrent. Elsa et Amy partirent avec la mère de cette dernière alors que Peter retrouvait son père à la sortie du train.

 

            D’après ce que Harry en avait comprit, Elsa devait passer les fêtes chez sa Grand-mère, à Hong Kong, et Amy les passaient en Californie, tandis que Peter partait avec son père en Albanie.

 

            «- SIRI !

 

             - Oh non ! soupira l’intéressé, juste à temps pour voir une petite fille surexcitée se ruer vers lui. Céleste ! s’exclama-t-il en soulevant sa sœur dans ses bras qui lui plaqua sur la joue un bisous sonore.

 

             - Tu m’as manqué, Siri !

 

             - Oui, toi aussi tu m’as manqué, p’tite sœur… ! assura Sirius en déposant la fillette au sol.

 

             - Il est où Pollux ? demanda Céleste.

 

             - Il ne va pas tarder ! Mais qu’est-ce que tu fais là, toi, au fait… ?

 

             - Elle a tenu à m’accompagner ! intervint alors Casiopée.

 

             - Maman ? s’étonna Sirius, visiblement décontenancé, en apercevant sa mère qui, les bras croisés, observait le groupe d’adolescents d’un air amusé.

 

             - Bonsoir Mrs Black… ! lancèrent, d’une même voix, les quatre autres.

 

             - Bonsoir à vous aussi ! Et bien Sirius, je vois que tu as l’air ravi de voir ta pauvre mère ici… ! Et je vois également que tu t’es…“beaucoup” occupé de ton frère… !

 

             - Bah, il est assez grand pour se débrouiller tout seul… ! marmonna Sirius. Mais, m’man, je croyais que… !

 

             - Je sais qu’il était prévu que Lizzie vienne vous chercher mais il se trouve qu’elle a eu un contretemps de dernière minute… !

 

             - Rien de grave, j’espère ? s’inquiéta James.

 

             - Oh non, ne t’en fait pas, James ! assura Casiopée en lui souriant. Mais elle m’a donc demandé d’aller vous chercher et de vous déposer à Godric’s Hollow… ! D’ailleurs, on pourra y aller… dès que j’aurai réussi à rassembler ma progéniture… ! » soupira-t-elle.

 

* * * * *

 

            Une bonne heure plus tard, Casiopée les déposait à Godric’s Hollow.

 

            «- Merci ! la remercia James.

 

             - Mais de rien ! Tu sais que c’est toujours un plaisir pour moi d’aider ta mère ! assura-t-elle en souriant. Elle ne devrait pas tarder ! »

 

            Après quelques recommandation à son fils aîné (auxquelles Sirius s’était contenté d’acquiescer d’un air las), Casiopée repartit avec Pollux et Céleste, alors que les cinq autres adolescents, après avoir libéré leurs oiseaux respectifs et réduits leurs affaires, franchissaient le portail qui fermait la vaste propriété des Potter.

 

* * * * *

 

            Après que tous le monde eut déposé ses affaires, les garçons dans la chambre de James et Lily dans la même que lors de son premier séjour au manoir Potter, les adolescents descendirent au salon. S’installant près du feu, ils commencèrent à discuter de tout et de rien, Lily confortablement installée sur les genoux de son petit-ami, celui-ci jouant négligemment avec une mèche de la jeune fille, un bras passé autour de sa taille.

 

            Et ce fut là qu’Elizabeth trouva le petit groupe, lorsqu’elle rentra, deux heures plus tard.

 

            «- Salut, M’man ! s’exclama James en souriant à sa mère.

 

             - Bonsoir les enfants ! répliqua-t-elle, avant de remarquer la jeune fille blottie contre son fils. Dis-moi, Jimmy, il semblerait que tu aie oublier de me dire quelque chose, non ? » ajouta-t-elle en souriant.

 

            James fronça les sourcils, ne semblant pas vraiment comprendre ce qu’elle voulait dire, jusqu’à ce qu’il finisse par prendre conscience de la situation, sous les rires amusés de ses amis, alors que Lily, gênée, se levait précipitamment. James l’imita et lui prit la main avant de se tourner vers sa mère.

 

            « M’man, même si tu sembles l’avoir deviné par toi-même… Lily et moi… nous sortons ensemble… ! » jugea-t-il bon de dire.

 

            Elizabeth se contenta de sourire un peu plus largement.

 

            « Et bien, félicitation à vous deux… ! Et, maintenant, en tant que petite-amie de mon fils, on peut, sans trop de risque, te considérer comme un membre de la famille Potter à part entière, Lily ! »

 

            L’intéressée rougie un peu, troublée, encore plus lorsque James vint passer un bras autour de ses épaules et l’embrasser sur la joue.

 

            Un bref instant de silence s’instaura, rapidement rompu par Elizabeth.

 

            « Alors, vous avez déjà dîné ?

 

             - Non ! répliqua James. On pensait qu’il valait mieux t’attendre !

 

             - Vous auriez mieux fait de manger sans moi ! soupira Elizabeth. Je t’ai déjà bien assez répété de ne pas m’attendre dans des cas comme celui-ci, Jimmy, non ?

 

             - Euh… oui, mais Casiopée nous avait assurée que tu ne tarderais pas… !

 

             - Bon, on ne vas pas en faire tout un plat… ! conclut sa mère en souriant. Qu’est-ce que vous voulez manger, tous les cinq ? »

 

            Les adolescents échangèrent un regard et haussèrent les épaules.

 

            «- Booon ! reprit Elizabeth, amusée. Je vais voir ce que je peux faire dans ces cas-là !

 

             - Vous voulez un coup de main, Mrs Potter ? proposa aussitôt Lily.

 

             - Merci beaucoup de ta proposition, Lily, mais ça ira ! assura Elizabeth, avant d’ajouter, un petit sourire aux lèvres : Et puis, je crois que mon fils n’aimerai pas vraiment que je t’accapare… ! »

 

            Harry, Remus et Sirius éclatèrent de rire, alors que James baissait les yeux, visiblement mal à l’aise et que Lily rougissait de plus belle à ce sous-entendu plus qu’explicite. Elizabeth secoua la tête et quitta la pièce.

 

            « Ah, les jeunes ! » soupira-t-elle, amusée, en gagnant la cuisine.

 

            Elle était sincèrement heureuse pour son fils, d’autant plus qu’elle appréciait beaucoup la jeune fille…

 

            Les voir tous les deux lui rappelaient les débuts de sa relation avec Franck… Il était alors totalement différent de ce qu’il était aujourd’hui…, n’étant pas encore le grand Auror Franck Potter… ! Dès l’instant où il était entré au sein des troupes du Ministère, il n’avait plus été le même… ! Elle se rappelait avoir espéré que la naissance de leur fils aurait pu faire changer les choses… ! Mais ça n’avait strictement rien changé…, c’était à peine s’il avait concédé à s’impliquer plus d’une année dans son rôle de père… ! Son travail passait avant tout, même sa famille… ! Et les choses ne s’étaient pas arrangés lorsque Voldemort avait commencé à faire entendre parler de lui… ! Dès lors, la situation s’était encore dégradée, au plus grand désarroi d’Elizabeth… ! Franck était devenu bien plus irritable qu’avant, il passait pratiquement tout son temps au Ministère ou en mission, ou, lorsqu’il daignait rentrer, il s’enfermait dans son bureau… ! Elizabeth avait tout essayé pour arranger les choses, mais si, avec elle, il perdait un peu de sa froideur, rien n’y faisait pour son rapport avec James. Tout ce que Franck avait réussit à faire, c’était de mettre la pression sur son fils… ! Pour Franck, il n’était pas question qu’un Potter fasse autre chose qu’une excellente scolarité à Poudlard, en étant Préfet, Préfet-en-Chef et même, encore mieux, Capitaine de l’équipe de Quidditch puis suivre une formation d’Auror, et perpétuer la lignée des Potter en conservant, au passage, la pureté du sang… !

 

            James s’était alors renfermé sur lui-même, tiraillé entre les idéologies, radicalement différentes, de ses parents. Mais il avait de lui-même prit d’avantage de recul vis à vis de son père… Mais il n’avait retrouvé sa joie de vivre que durant sa scolarité à Poudlard, grâce à Sirius et ses nouveaux amis… ! Elizabeth avait toujours fait son possible pour cacher à son mari les “frasques” de son fils et les nombreux avertissements que Minerva McGonagall envoyait régulièrement chez eux, au sujet des bêtises de James qui, malgré tout, parvenait à obtenir des notes plus qu’honorables et à faire ce que son père attendait de lui…, même si l’adolescent refusait catégoriquement de devenir Auror…, et encore moins de laisser son père dicter sa vie comme bon lui semblait…, et ça, Franck ne l’avait pas apprécié…

 

            D’ailleurs, en parlant de Franck… ! Elizabeth soupira. Elle ne savait pas comment dire à James que Franck comptait passer, pour une fois, les fêtes à Godric’s Hollow… Elle-même n’en revenait pas lorsqu’il lui avait annoncé ça, de vive voix, moins d’une heure plus tôt… Ayant du se rendre au Ministère, elle avait eu l’heureux hasard d’y rencontrer son mari au détour d’un couloir… Elle se demandait bien ce qui avait pu provoquer un tel revirement de situation, mais elle se doutait qu’il devait bien avoir une raison pour prendre la décision de passer les vacances avec eux…

 

            Mais non seulement elle se doutait que James n’allait pas du tout apprécier la nouvelle mais, en plus, le fait qu’il sorte avec Lily n’allait certainement pas être du goût de Franck…

 

            Elizabeth soupira. Les vacances n’allaient pas être une partie de plaisir…, mais, en tout cas, elle était sûre d’une chose, elle ne laisserait pas son mari gâcher la vie de son fils… Jusque là, elle n’avait jamais pris parti, du moins officiellement, dans leur conflit même si officieusement elle désapprouvait totalement l’attitude de son mari et partageait le point de vue de son fils…

 

            Elle pénétra dans la cuisine, pour se faire accueillir par les quatre Elfes de Maison.

 

            « C’est bon, vous quatre, vous en avez assez fait pour aujourd’hui… ! lança-t-elle en leur souriant. Je me chargerai du reste… ! »

 

            Les petites créatures acquiescèrent, habitués à ce qu’elle leur donne quartiers-libres en l’absence de son mari. Du moins, ils concédaient à quitter la cuisine…, pour trouver une autre occupation dans une autre pièce du manoir.

 

* * * * *

 

            « Comment ça, il va venir passer les vacances avec nous ? »

 

            Comme Elizabeth l’avait prévu, James était à présent sur la défensive. Après le dîner, elle avait demandé à le voir seul, décidée à lui annoncer la nouvelle au plus vite.

 

            «- Il m’a annoncé ça cet après-midi ! répliqua-t-elle calmement. Je l’ai rencontré par hasard au Ministère… !

 

             - C’est pas vrai… ! grommela James. Il manquait plus que ça… !

 

             - Jimmy… ! soupira sa mère.

 

             - Mais maintenant… pourquoi… ? Je veux dire, pourquoi, tout d’un coup, se décide-t-il à passer les fêtes avec nous… ? Il ne s’est jamais préoccupé de ça jusque là et puis voilà que tout d’un coup… ! Pourquoi… ?

 

             - Je ne sais pas, mon chéri ! Je ne sais vraiment pas… ! Il doit avoir quelque chose en tête, mais je ne suis au courant de rien… ! Mais il est décidé à passer les vacances avec nous… ! »

 

            James resta silencieux un moment.

 

            «- Et… il arrive quand ?

 

             - Dans quatre jours, en début de matinée… !

 

             - Super ! ironisa James, assis dans un fauteuil, la tête entre les mains. Moi qui pensait passer des vacances géniales… ! Il faut qu’il vienne tout gâcher… !

 

             - Mais ça se passera peut-être bien ! » suggéra Elizabeth, sur un ton peu convaincu.

 

            James leva la tête et lui jeta un regard sceptique mais resta silencieux. Elizabeth soupira.

 

            «- Sinon, il compte faire un dîner d’affaire… à la maison, avec ses amis de travail, le 31 décembre… !

 

             - Alors là, c’est le bouquet… ! grommela James. Il a décidé de me gâcher la vie ou quoi ?

 

             - Jimmy… ! l’interrompit calmement sa mère. Laisse-moi finir veux-tu… ? Et bien, il se trouve que je sais pertinemment que tu détestes les dîners d’affaire et autres soirées de gala… ! Je pensais donc que vous pourriez, tes amis et toi, organiser quelque chose… de votre côté… ! »

 

            James garda le silence, observant sa mère, perplexe. Il esquissa finalement un sourire.

 

            « C’est une idée… ! approuva-t-il. Je vais en parler aux autres ! »

 

* * * * *

 

            Bien sûr, l’idée avait été acceptée au quart de tour, de sorte que, moins d’une heure plus tard, Sirius envoyait Moeve chez lui. En effet, ils allaient avoir besoin de l’aide de deux cousins de Sirius qui, âgés de deux et trois ans de plus que lui, étaient des spécialistes dans l’organisation d’une vraie fête à la Gryffondor… ! Et James considérant qu’ils auraient du mal à sortir de chez lui, lorsque son père serait là, pour préparer leur soirée de fin d’année, le petit groupe avait décidé de recourir à une aide extérieure…

 

            «- En plus, comme dit le proverbe, plus on est de fou, plus on rit ! observa philosophiquement Remus.

 

             - C’est sûr que, si on invite tous les membres ayant plus ou moins le même âge que nous de la famille de Sirius…, ça promet d’être mémorable… ! approuva James, assis sur son lit, en souriant, un bras passé autour de la taille de Lily qui était à ses côtés.

 

             - Ouais ! confirma Sirius. En tout cas, Jamsie, la présence de ton père durant les vacances servira, pour une fois, à quelque chose… ! On va faire une fête inoubliable, j’en suis sûr !

 

             - On peut dire ça comme ça… ! » soupira James, pas vraiment convaincu.

 

* * * * *

 

            Quatre jours s’étaient écoulés… En ce mercredi matin et veille de Noël, les adolescents s’étaient réveillés relativement tard, pour trouver le manoir en effervescence. Les Elfes de Maison s’affairaient pour préparer l’arrivée de leur Maître… Après un rapide petit-déjeuner, dans la cuisine, et une fois que Elizabeth leur ait fait savoir qu’elle n’avait pas besoin de leur aide, les jeunes gens gagnèrent le jardin recouvert d’un épais tapis de neige immaculée.

 

            Sirius, Remus et Harry s’étaient aussitôt lancés dans une bataille de neige endiablée, sous le regard amusé de James et Lily qui, assis sur un banc, à bonne distance des boules de neige qui fendaient l’air en permanence, discutaient de chose et d’autre.

 

            James, perdu dans ses pensées, un bras passé autour des épaules de la jeune fille, observait distraitement Harry…

 

            « Ou quel que soit son vrai nom ! » songea-t-il.

 

            James en avait passé du temps dans la Bibliothèque, à faire des recherches, pour en arriver à la constatation que Harry n’était pas vraiment celui qu’il prétendait être. Mais James avait gardé sa découverte pour lui, songeant que Harry lui avait bien trop souvent sauvé la mise pour être quelqu’un de mauvais… ! Et puis, si même Remus, dont les instincts étaient on ne peu plus fiables, lui faisait confiance, il ne pouvait vraiment pas avoirs de mauvaises intentions…, même s’il parlait le Fourchelang…

 

            C’était cette révélation, plus qu’autre chose, qui avait décidé James à faire des recherches sur le cas de Harry… Et les découvertes qu’il avaient faites n’étaient pas particulièrement rassurantes… : Les quelques sorciers ayant possédés cette facultés avaient tous, sans exception, servi les forces du mal…, à commencer par Salazar Serpentard lui-même…, Grindelwald…, Voldemort… ! En tout, les adeptes du langage des serpents pouvaient se compter sur les doigts de la main…, une dizaine tout au plus…

 

            Et puis, l’explication de Harry était tellement nébuleuse…“Celui qui a tué mes parents m’a transmis, accidentellement, une partie de ses pouvoirs, dont la faculté de parler Fourchelang, en voulant me supprimer”… Si James avait jugé préférable de ne pas aborder, à nouveau, la question avec Harry, il s’était cependant intéressé à ce détail… (mais il n’avait, d’ailleurs, rien trouvé sur cette capacité de transmettre des pouvoirs à quelqu’un en voulant le tuer), et, par la même occasion, à la lignée Calaway en Australie… Il avait pour cela, du envoyer Eole au Centre de Recensement Des Familles Sorcières (le C.R.D.F.S.) de Melbourne, au début du mois de décembre, en se faisant passer pour un lointain cousin d’un membre de la famille Calaway qui tenait à établir l’arbre généalogique de sa famille… Et le rapace n’était revenu que le jour du départ en vacances des élèves, avec la réponse du C.R.D.F.S…. ! Réponse que James avait lu, le soir-même, une fois sûr que ses amis étaient endormis.

 

            Là, il avait bien eu la confirmation du peu qu’il avait pu soutirer à Harry…, autrement dit qu’il existait un Harry Calaway, orphelin après la mort de ses parents en 1961 et élevé par la sœur de son père qui avait épousé un Moldus qui avait prit en charge, seul, Harry, après la mort de son épouse en 1960…, soit un an avant la mort des parents de Harry… ! Détail qui avait attisé la curiosité de James qui avait trouvé, parmi les documents que le C.R.D.F.S. lui avait envoyé, un récapitulatif détaillé de la vie des plus “récents” membres de la famille Calaway… Tous issus d’une lignée de Sang-pur, les parents de Harry, mais aussi sa tante, avaient, tous trois, été tués par un mage noir, Sandemose (comme il l’avait découvert en recherchant les mages noirs qui avaient sévis en Australie depuis près d’un siècle…) qui semait encore la terreur là-bas…, ce qui pouvait expliquer la fuite de Harry… ! Cependant, quelque chose continuait à intriguer James.

 

            Sandemose, d’après ce que James avait pu trouver sur lui, semblait nettement moins puissant que Voldemort…, alors…, pourquoi quitter l’Australie pour venir se réfugier dans un pays encore moins sûr… ? “Mais, on m’a assuré que Poudlard était l’endroit le plus sûr au monde depuis que Albus Dumbledore en est le directeur… !” Ce que Harry avait dit à son père le soir où il était rentré à Godric’s Hollow pouvait justifier sa venue à Poudlard… Et étrangement, les infos concernant Harry Calaway s’arrêtaient, brutalement, en juin 1977 (ces archives étaient remises à jours tous les mois), au moment même où Harry était arrivé à Poudlard…

 

            Cependant, si la généalogie semblait confirmer ce que Harry avait laissé entendre, il restait encore quelques points obscurs qui tracassaient James. Pourquoi Harry parlait-il le Fourchelang (mais Harry n’avait pas vraiment l’air de vouloir en parler…, ce qui n’avait rien de surprenant car qui se vanterai de parler le Fourchelang ?) ? Pourquoi avait-il si facilement gagné la confiance des Maraudeurs et des autres membres de l’école ? Pourquoi s’acharnait-il à lui sauver la mise ? Pourquoi avait-il l’impression de le connaître ? Et puis, pourquoi avait-il eu cette forme d’Animagus ?

 

            James avait beau chercher, il ne voyait pas qu’est-ce qui avait pu influencer sur le choix d’une panthère plutôt qu’un quelconque autre félin… ! Si, par le caractère, les possibilités étaient basées sur les félidés, seule la robe noire de la panthère pouvait, à la limite, concorder avec les cheveux noirs de Harry… ! Mais le problème résidait dans la couloir des yeux…, des yeux d’un vert intense, alors que la plupart des félins avaient plutôt des yeux tirant vers le jaune… Et ça ne pouvait pas être influencé par ceux de Harry, qui étaient marrons…, à moins que ça ne soit pas sa vraie apparence et que la détermination de sa forme d’Animagus se soit basée sur sa forme d’origine… ! C’était une hypothèse complètement folle mais, après tout, dans le monde magique, tout était possible, non ?

 

            Du moins, c’était la conclusion à laquelle il en était arrivé…, Harry Calaway n’était pas vraiment celui qu’il prétendait être…

 

            James revint à la réalité en se prenant une boule de neige dans la figure, pour découvrir que Sirius (qui affichait un sourire triomphant), Remus et Harry s’étaient approchés, à leur insu, ou du moins, à son insu car le sourire malicieux de Lily laissait entendre qu’elle n’avait pas cru bon de le mettre en garde. Mais “l’incident” suffit à relancer une bataille de neige générale…

 

* * * * *

 

            La bataille faisait rage dans le jardin et deux “équipes” étaient bien distinctement constituée. Remus, Sirius et Harry, d’un côté, bombardait impitoyablement James et Lily qui, eux, s’étaient réfugiés sur la terrasse qui résistaient tant bien que mal à la pluie de boules incessantes.

 

            «- Eh, on n’est moins nombreux que vous… ! protesta, pour la énième fois, James.

 

             - Si vous vous étiez joint à nous dès le début, les équipes auraient peut-être été faites différemment… ! répliqua Sirius, avec un large sourire. Prêts les gars ? On les achève… ? » demanda-t-il, en souriant toujours, tout en se tournant brièvement vers ses deux acolytes qui partageaient visiblement son état d’esprit.

 

Harry et Remus acquiescèrent, une boule de neige dans chaque main, tout comme Sirius.

 

                                                                 « Lancez ! »

 

Six boules de neiges fendirent l’air, droit vers leur deux camarades qui, n’ayant pas dit leur dernier mot, lancèrent, dans le même temps deux boules de neige chacun. Trois des boules adverses se brisèrent en heurtant celles de James et Lily.

 

« Baisse-toi… ! » s’écria James en se jetant au sol, entraînant sa petite amie par la même occasion, pour éviter les trois boules restantes. Au même instant, la porte qui donnait sur la terrasse s’ouvrit sur une personne qui n’eut guère le temps d’éviter les trois projectiles.

 

Un silence de plomb s’abattit dans le jardin alors que Franck Potter, conservant son habituelle impassibilité, se débarrassait de la neige qui le recouvrait.

 

          «- Oh, désolé Mr Potter ! lâcha, d’une voix à peine audible, un Sirius mortifié.

 

               - Euh, bonjour père… ! » bafouilla James, gêné, en se relevant d’un bond.

 

            Franck lui adressa un regard sévère, alors que les autres rejoignaient distraitement une Lily quelque peu confuse. Mais l’arrivée providentielle d’Elizabeth calma aussitôt la situation.

 

            « Ah, vous voilà, tous autant que vous êtes… ! lança-t-elle, innocemment. Vous feriez bien de rentrer, nous allons bientôt passer à table… ! »

 

            Les cinq adolescents ne se firent pas prier et se glissèrent à l’intérieur en passant devant un Franck qui n’avait visiblement pas aimé ce qui venait de se passer et une Elizabeth qui affichait un léger sourire.

 

            «- Super ! ironisa James. Comme si la situation n’était pas déjà assez difficile comme ça, il fallait qu’il ouvre cette satanée porte au moment où vous lanciez vos boules… !

 

             - Ben, je trouve qu’il l’a plutôt bien prit… ! » commenta Sirius, s’efforçant de détendre l’atmosphère.

 

            James lui adressa un regard sceptique mais se détendit lorsque sa petite-amie lui prit, discrètement, la main. Les adolescents gagnèrent leur chambre respective pour se changer, avant de repartir pour la salle à manger, où Franck et Elizabeth discutaient tranquillement en les attendant. James eut un léger sourire en pénétrant dans la pièce. Une fois de plus, sa mère avait réussi à minimiser les dégâts… Celle-ci, profitant de l’influence qu’elle parvenait à avoir sur son mari, décida de prendre en main les présentations.

 

            «- Ah, les voilà ! lança-t-elle. Franck chéri, avant qu’on ne passe à table, je voudrais te présenter Lily… ! ajouta-t-elle en désignant la jeune fille qui salua poliment le maître des lieux.

 

             - Alors c’est toi la jeune fille moldue que Lizzie a accueillie chez nous… ? » commenta Franck en la détaillant, sans se départir de son habituelle impassibilité.

 

            James grimaça discrètement, montrant ainsi sa désapprobation quant à la remarque de son père qui se désintéressa rapidement de la jeune fille.

 

            « Bien, maintenant que tout le monde est là, pourquoi ne passerions-nous pas à table ? » suggéra finalement Elizabeth, rompant ainsi le silence qui avait suivit la déclaration de son mari.

 

* * * * *

 

            Un peu plus tard, dans la soirée, on frappa à la porte de la chambre, tirant Lily de ses réflexions.

 

            « C’est ouvert ! » lâcha-t-elle distraitement.

 

            La porte s’ouvrit aussitôt et elle esquissa un petit sourire en apercevant l’arrivant qui referma la porte derrière lui.

 

            «- Ca va ? demanda James en s’avançant vers elle.

 

             - Bien sûr, pourquoi ? s’étonna-t-elle.

 

             - Ben, tu paraissais préoccupée… ! répondit-il en l’embrassant rapidement. J’espère que ce n’est pas à cause de mon père ! ajouta-t-il en s’asseyant sur le lit, à côté de la jeune fille.

 

             - Oh non, ce n’est pas lui…, c’est juste que… ! »

 

            Elle s’interrompit, mal à l’aise.

 

            « C’est juste que quoi, Lily jolie ? » insista doucement le Maraudeur.

 

            Elle baissa la tête et resta silencieuse un petit moment.

 

            « Tu repenses à tes parents, c’est ça ? » supposa James.

 

            Elle acquiesça d’un signe de tête et rencontra son regard.

 

            « Ca va être le premier Noël que je ferai sans eux… ! murmura-t-elle. Et ce n’est pas facile d’être d’humeur à faire la fête, alors que ça fait à peine quatre mois qu’ils… ! »

 

            Elle fut incapable de terminer sa phrase, la gorge nouée, les yeux brillants de larmes. James, compréhensif, se rapprocha d’elle et la serra contre lui.

 

            « Ils me manquent tellement ! » lâcha-t-elle, le visage enfouit au creux de l’épaule de son ami.

 

            Tous deux restèrent ainsi l’un contre l’autre, Lily pleurant dans l’étreinte de son camarade qui tentait de la réconforter comme il pouvait, à grand renfort de paroles qui se voulaient les plus apaisantes possibles.

 

* * * * *

 

            Le lendemain matin, les garçons furent réveillés en fanfare par un Sirius surexcité.

 

            «- JOYEUX NOEL !

 

             - Patmol… ! grommela Remus, en jetant un regard à sa montre. Tu étais vraiment obligé de nous réveiller à 5h du matin… ?

 

             - Laisse-moi réfléchir… ! plaisanta Sirius. OUIIIII !

 

             - Tu es complètement taré, Patmol… ! marmonna Remus. Enfin, joyeux noël à vous aussi… !

 

             - Pareil… ! confirma Harry qui, assis sur son lit, se passait la main dans les cheveux d’un air peu inspiré. Dites, où est James ? s’étonna-t-il en découvrant le lit vide de leur camarade.

 

             - Moi, j’en ai une vague idée ! » commenta Sirius, avec un sourire moqueur, sur un ton lourd en sous-entendu.

 

            Les deux autres le fixèrent sans comprendre, encore mal réveillés, mais ne tardèrent pas à interpréter le sous-entendu de leur ami.

 

            «- Oh, Sirius, tu crois vraiment que… ? s’exclama Remus, alors que Harry restait étrangement silencieux.

 

             - Ben, je vois que ça… ! répliqua Sirius. Mais je crois qu’il n’y a qu’un seul moyen de le savoir… !

 

             - Patmol ! s’insurgea Remus en voulant l’attraper par le bras. Tu ne comptes quand même… ?

 

             - Oh, bien sûr que si… ! répondit Sirius avec un sourire plus qu’amusé, en lui échappant et en se précipitant hors de la pièce.

 

             - Patmol… ! s’écria Remus, avant de jeter un regard à Harry qui haussa les épaules.

 

             - On ferait mieux d’essayer de le rattraper… ! » suggéra ce dernier.

 

            Tous deux quittèrent donc, à leur tour, la chambre, se ruant à la poursuite de leur camarade qui avait déjà une bonne longueur sur eux. Sirius attendit cependant qu’ils arrivent à sa hauteur pour ouvrir la porte devant laquelle il s’était arrêté.

 

            «- Sirius… ! James risque de t’étriper vivant… ! l’avertit Remus.

 

             - Faudra d’abord qu’il m’attrape… ! riposta à voix basse Sirius, tout en jetant un regard dans la pièce. Oh, ils sont trop mignons ! »

 

            La curiosité l’emportant sur leur réserve, Remus et Harry imitèrent Sirius, pour découvrir les deux autres adolescents, profondément endormis, l’un contre l’autre… et habillés… !

 

            « Et bien, non, Sirius, ils n’ont pas fait ce que tu t’étais imaginé ! murmura Remus, amusé. Et si on partait, maintenant ?

 

             - Oh, non, j’ai une bien meilleure idée ! rétorqua Sirius, en esquissant un petit sourire machiavélique et en se glissant dans la pièce, avant que Remus et Harry aient pu faire quoi que ce soit pour le retenir.

 

             - Il est malade ! » soupira Remus, en secouant la tête.

 

            Ils virent cependant Sirius s’avancer discrètement jusqu’à leur ami et se pencher sur lui, comme s’il voulait lui dire quelque chose à l’oreille.

 

            « DEBOUT LA DEDANS ! » hurla Sirius, sous le regard effaré de Remus et Harry.

 

            Le petit couple se réveilla d’un bond, alors que Sirius, éclatant de rire, s’écarta précipitamment.

 

            «- SIRIUS ! s’exclama James, passé le premier moment de stupeur, en attrapant ses lunettes au vol.

 

             - Joyeux Noël, mon pote ! » lâcha sarcastiquement Sirius.

 

            Cette remarque coupa son meilleur ami dans son élan.

 

            « Paix sur la terre… ! » continua tranquillement Sirius, avec un sourire satisfait.

 

            James grimaça.

 

            «- Faux frère… ! marmonna-t-il. Tu as peut-être gagné sur ce coup là, mais tu ne perd rien pour attendre, crois-moi… !

 

             - Ouais, c’est ça… ! riposta Sirius moqueur. Allez, les tourtereaux, on se lève… ! » ajouta-t-il en rejoignant la porte, où Remus et Harry observaient la scène, à présent morts de rire.

 

* * * * *

 

            Une heure plus tard, les adolescents, habillés et parfaitement réveillés, gagnèrent le salon où Elizabeth les accueillit joyeusement.

 

            «- Joyeux Noël, les enfants ! lança-t-elle en les apercevant.

 

             - Joyeux Noël à vous aussi, Mrs Potter ! répondirent en chœur Remus, Sirius, Harry et Lily.

 

             - Joyeux Noël, M’man ! ajouta James. Père n’est pas là ? ajouta-t-il, intrigué.

 

             - Oh…, non ! Il s’est absenté un moment… ! Mais il ne verra aucun inconvénient à ce que vous ouvriez vos cadeaux… ! »

 

            Sur ces mots, Elizabeth sourit, et désigna négligemment le sapin installés dans un coin du salon tout en murmurant quelques mots…, et aussitôt, le pied de l’arbre se retrouva entourée d’une montagne de paquets, sous le regard ébahi de Harry et Lily.

 

            « A présent, vous pouvez ouvrir vos paquets, les enfants ! » lança malicieusement Elizabeth, avant de quitter la pièce.

 

            Les cinq adolescents ne se firent pas prier. Lily avait du mal à en croire ses yeux en découvrant la dizaine de paquets qui lui étaient destinés dont…un qui bougeait.

 

            « Si j’étais toi, je commencerai par celui-là ! » intervint James.

 

            Elle se tourna vers lui.

 

            «- Ce n’est pas dangereux au moins ? s’inquiéta-t-elle.

 

             - Mais non… ! assura-t-il, un petit sourire aux lèvres. C’est juste que c’est quelque chose de vivant… ! »

 

            Lily, intriguée par cette remarque, se risqua à prendre le paquet, qui pesait relativement lourd et jeta un bref regard à la carte qui accompagnait le cadeau.

 

                         Joyeux Noël, Lily jolie,

            J’espère que mon cadeau te plaira.

            Avec tout mon amour,

                         James

 

            Elle se tourna à nouveau vers lui, mais il fit mine de se concentrer sur un de ses cadeaux, si bien qu’elle reporta à nouveau son attention sur le paquet dont elle se décida à défaire l’emballage, pour découvrir un panier en osier. De plus en plus surprise, elle l’ouvrit et…

 

            « Oh, il est magnifique… ! » s’extasia-t-elle en découvrant la boule de poils blanche qui se terrait au fond du panier.

 

            Le petit chat semblant trop terrorisé pour vouloir sortir de là où il était, Lily commença par faire la première chose qui lui venait à l’esprit…, autrement dit sauter au cou de son petit-ami qui éclata de rire alors qu’elle se confondait en remerciements.

 

            « Mais c’est tout naturel, ma petite fleur adorée ! Je suis content que mon cadeau te plaise, mais tu peux aussi remercier Harry, c’est lui qui m’a suggéré cette idée… ! »

 

            Elle l’embrassa rapidement, alla remercier (avec un peu plus de retenue, au grand soulagement de l’adolescent) Harry puis Elizabeth, avant de reporter son attention sur le chat.

 

            « C’est une femelle… ! Elle a cinq mois et demi… ! Harry m’a fait savoir que tu avais réservé un des chats de la Ménagerie Magique ! J’ai donc demandé à ma mère de le prendre en ton nom… ! expliqua James, en s’approchant. Au début, je voulais te l’offrir pour ton anniversaire, mais ma mère m’a fait remarqué qu’il serait peut-être préférable d’attendre que tu viennes à la maison pour te la donner… ! »

 

            La jeune fille lui adressa un sourire radieux et prit précautionneusement le chat qui la fixa de ses grands yeux bleu clair. Le félin était d’un blanc éclatant, en dehors de petites rayures rousses sur le bas des pattes.

 

            « Elle est adorable ! » murmura la jeune fille en caressant la tête du félin qui ronronna aussitôt.

 

            Elle remarqua alors, au fond du panier en osier d’où elle avait sortit le chat, un cadeau de plus petite taille, enveloppé d’un papier, évidemment magique, rouge et parcouru de petites sphères dorées, qu’elle identifia comme étant des Vif d’or, une balle de Quidditch. Intriguée, elle ôta le papier cadeau, non sans un regard en coin à James qui souriait légèrement, et une brève note tomba sur ses genoux.

 

                         Joyeux Noël Lily jolie !

            Voilà un petit cadeau qui, cette fois, est uniquement de ma propre initiative !

            Avec toute mon amour,

                         James.”

 

Elle sourit, profondément troublée, et ouvrit la petite boîte découvrant un cadeau qui la laissa sans voix. Reposant sur le velours pourpre qui tapissait l’intérieur de la boîte, une petite chaînette en or, brillant à la lueur du soleil hivernal qui s’infiltrait dans la pièce par la fenêtre ouverte, s’y trouvait, et à laquelle était fixée une petite médaille qui représentait deux anges finement dessinés qui portaient une fleur de lis au cœur de laquelle était sertie une petite émeraude d’un vert éclatant. Ce bijou était une merveille… ! Comme pour le confirmer, Sirius émit un petit sifflement admiratif en apercevant l’objet.

 

            «- Alors, mon cadeau te plaît… ? s’enquit James, sortant la jeune fille de sa contemplation.

 

             - Oh James, oui… mais… je ne sais pas quoi dire… ça a du te coûter une petite fortune… ! souffla-t-il.

 

             - Rien n’est trop beau pour toi ! lui glissa-t-il à l’oreille, la faisant rougir. Et puis, j’ai pensé que ça t’irai bien… l’émeraude, je veux dire ! »

 

            Elle eut un petit sourire troublé et, son chat sur les genoux, sortit le bijou de son écrin.

 

            «- Euh, James… est-ce que tu… ? demanda-t-elle, timidement.

 

             - Mais bien sûr… ! » acquiesça-t-il en souriant.

 

            Sur ce, il prit l’objet et le passa au cou de la jeune fille.

 

            «- Et voilà ! conclut-il.

 

             - Merci… ! murmura-t-elle.

 

             - De rien… ! répondit-il en souriant. Bon, c’est pas tout ça mais je connais un petit chat à qui il faudra trouver un nom… et il reste d’autres cadeaux à ouvrir… ! »

 

A suivre !

 

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